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Déclaration des représentants de la FNEC FP-FO 37 INDRE ET LOIRE CSASD du 4 février 2025 sur la préparation de la rentrée scolaire 2025 pour les collèges d’Indre-et-Loire avec la répartition de la dotation globale horaire
Le Premier ministre François Bayrou, chef d’un gouvernement illégitime nommé par un Président de plus en plus rejeté fait passer son budget d’austérité à l’aide du 49- 3.
A l’instar de son prédécesseur qui avait annoncé l’annulation de 2440 suppressions de postes d’enseignant sans que le PLF ne soit modifié, la ministre Borne voudrait que l’on salue l’annulation des 4 000 suppressions de postes d’enseignants.
Mais comme l’an passé, ces annonces viennent après la publication du nombre de postes aux concours qui ne seront pas augmentés.
De plus les suppressions « annulées » sont remplacées par un amendement du gouvernement prévoyant 52 millions d’euros d’économie pour l’enseignement scolaire.
D’ailleurs, nous nous élevons avec force contre le gel de la part collective du Pass Culture privant les collégiens et lycéens de sorties culturelles, parfois déjà programmées. Nous demandons son rétablissement immédiat.
Comme l’an dernier, ce sont encore des postes supprimés dans le premier degré et, dans le second degré, encore des postes spoliés au prétexte de la réforme du « choc des savoirs ». Comme l’an dernier, cela annonce une rentrée encore plus dégradée.
Comment se réjouir de la suppression de 470 postes dans le premier degré, alors que la situation dans les écoles explose ?
Il faut des postes pour les remplaçants (seuls 80 % des absences sont remplacées).
Il faut des postes pour abaisser les effectifs dans les classes. Pour rappel : En moyenne, la France compte presque 26 élèves par classe au collège contre 21 élèves en moyenne dans les 22 pays de l’UE membres de l’OCDE. (source Eurostat)
Il faut des postes spécialisés pour prendre réellement en charge les élèves à besoin particulier ; et au lieu de cela, la ministre poursuit l’acte 2 de l’Ecole inclusive, le démantèlement des établissements sociaux et médico-sociaux. Ce sont des centaines de fermetures de classes qui se profilent. Inacceptable !
Comment se réjouir de la création de seulement 324 postes dans le 2nd degré et 170 postes de CPE, quand 542 postes sont déjà fléchés pour poursuivre en 4ème et 3ème le « Choc des savoirs », réforme massivement rejetée par les personnels et les parents. Cela se mettrait en place collège par collège, dans un cadre totalement territorialisé… Impossible donc de réduire le nombre d’élèves par classe.
Et toujours aucune création de postes pour les personnels administratifs, infirmiers, médicaux, sociaux, et d’encadrement qui sont en nombre notoirement insuffisant !
Sur les moyens enseignants et situation second degré :
Les moyens qui nous sont ici présentés sont la conséquence directe de l’austérité promise par les gouvernements minoritaires et illégitimes successifs de Messieurs Macron, Barnier et Bayrou.
Concernant les collèges du département, nous dénonçons la poursuite du choc des savoirs en 6e et 5e alors que le Conseil d’Etat les a invalidés, que les collègues avec les parents d’élèves se sont largement mobilisés l’an passé contre leur mise en place. Cette contre-réforme doit être abrogée.
Nous dénonçons la mise en place en 4e 3e des dispositifs d’approfondissement non fléchés sur une discipline et non dotés en moyens, voire non obligatoires, renforçant encore la territorialisation et menaçant les statuts.
Nous rappelons que juste dans notre département, c’est 222 h d’enseignement qui sont enlevées aux élèves de 6e avec la suppression de la technologie.
Les conséquences pour la rentrée 2025 dans le département sont les suivantes : baisse de 150 élèves soit entre 2 et 3 en moyenne dans les établissements,
1 division en moins et 225 heures en moins ! (HP+HSA) dont 16h en plus pour des dispositifs divers.
Mais la marge d'autonomie pour les groupes de besoins est de -37 H alors qu'on demande de poursuivre les groupes de besoin en 4e. On voit aussi à quoi ont servi les évaluations nationales : justifier la baisse des dotations dans le modèle d'allocation de moyens.
On notera que c’est une perte de 27.5h pour les SEGPA. (Chinon, Loches, Corneille et Chateau la Vallière .
Et ce n’est pas moins de 30 collèges du département qui voient leurs heures diminuer avec toutes les conséquences dramatiques sur les élèves et le personnel.
Les collègues n’acceptent pas et des audiences sont demandées, avec le soutien des parents comme au collège de Montbazon, au lycée d’Amboise. Nous appuyons toutes les demandes faites par les collègues.
Les enseignants n’ont pas à subir les conséquences de ces contre-réformes sur leurs droits notamment l’exercice à temps partiel.
Cela ne doit pas être une variable d’ajustement alors que bien souvent ces collègues demandent un temps partiel pour pouvoir souffler et éviter le burnout. Nous avons saisi le Recteur, et souhaitons avoir votre retour sur cette question qui inquiète fortement les collègues.
La FNEC FP-FO maintient toutes ses revendications :
Créations de tous les postes nécessaires ! Augmentation du point d’indice : 10% tout de suite ! Abandon des contre-réformes ! Non au « conclave » ! Abrogation de la réforme des retraites Macron-Borne ! Non au budget Bayrou qui prévoit 53 milliards d’économies !
« Les conditions pour pouvoir avancer pour l’école n’étaient plus réunies dans l’immédiat », c’est ainsi que Gabriel Attal a justifié dans l’émission L’évènement sur France 2 le 8 février, sa décision de retirer l’Éducation nationale à Amélie Oudéa Castera (qui garde tout de même les Sports et les Jeux Olympiques), pour la confier à Nicole Belloubet qui, selon lui, « saura porter la feuille de route ».
LE MESSAGE EST CLAIR : LES MINISTRES PASSENT, MAIS LES CONTRE-RÉFORMES RESTENT.
De fait, la nouvelle ministre, qui a été précédemment rectrice des académies de Limoges et de Toulouse, entre 1997 et 2005, puis garde des sceaux entre juin 2017 et juillet 2020, s’inscrit totalement dans la poursuite des contre-réformes qui, au cours des dernières décennies, n’ont cessé d’oeuvrer à la déréglementation et la territorialisation de l’école. Ainsi a-t-elle affirmé dans un article publié dans la revue Après-demain en 2016, et intitulé « Supprimer le ministère de l’Education nationale ? », que « le système éducatif français doit évoluer vers plus de décentralisation territoriale et fonctionnelle », prônant notamment une plus grande autonomie, un rôle accru des collectivités territoriales et une « déconcentration de la gestion des ressources humaines ».
Pour Gabriel Attal, la désignation de Nicole Belloubet doit permettre d’atteindre l’ « objectif absolu qui est que les mesures (qu’ils ont) prévues pour l’école, les chantiers (qu’il a) ouverts et portés en tant que ministre de l’Education nationale – l’établissement de l’autorité, la question des savoirs fondamentaux renforcés, élever le niveau de nos élèves et les remplacements d’absence à l’école… – puissent se décliner ».
MAIS IL Y A LOIN DE LA COUPE AUX LÈVRES !
D’abord parce que le départ de la ministre Oudéa-Castera signe un aveu de faiblesse de la part du gouvernement, et l’échec patent du « second souffle » et autre « régénération » voulus par Macron, tout en confirmant une crise profonde à l’Education nationale qui voit la nomination d’une quatrième ministre en moins de six mois. Mais aussi parce que la nouvelle ministre ne croyait pas si bien dire en déclarant, avant d’être nommée, à propos des groupes de niveau, que « créer des dispositifs adaptés à chaque groupe d’élèves ne s’improvise pas et n’est possible qu’avec l’adhésion active des enseignants ».
Depuis plusieurs semaines, dans les motions et prises de positions adoptées lors de réunions d’information syndicale, ou d’assemblées générales, les enseignants ont clairement dit ce qu’ils pensent du « choc des savoirs » et des « groupes de niveau » : « Le choc des savoirs, c’est surtout le chaos des collèges », « Nous refusons les mesures du « choc des savoirs » Attal et la mise en place des groupes de niveau »…
Partout, la colère gronde contre le plan de restructuration / liquidation de l’école publique que veulent imposer
Macron – Attal à marche forcée. Après avoir fait grève et manifesté par milliers, le 25 janvier, sous les fenêtres de la ministre Oudéa-Castera, avec la FNEC FP-FO, les fédérations FO de l’Action Sociale (FNAS-FO), des Services Publics et de Santé (FSPS-FO), des fonctionnaires (FGFFO) et la Confédération FO, contre l’acte 2 de l’école inclusive, les personnels étaient à nouveau des dizaines de milliers en grève et en manifestation dans tout le pays, le 1er février, à l’appel de l’intersyndicale FSU, FO, CGT, SUD, pour exiger l’augmentation des salaires, l’abandon du « choc des savoirs », l’abandon de l’acte 2 de l’école inclusive et de la réforme de la voie professionnelle, puis ils étaient encore en grève le 6 février sur ces revendications. Sous l’effet de cette colère et de ces mobilisations, les 6 textes sur le « choc des savoirs » présentés au Conseil Supérieur de l’Education du 8 février ont été majoritairement rejetés. L’arrêté ministériel mettant en place les groupes de niveau a été refusé par 67 voix contre, 0 voix pour et une abstention (UNAF – Union Nationale des Associations Familiales). La FNEC-FP-FO a voté contre l’ensemble des textes.
Face au rejet massif du « choc des savoirs » par les personnels, face au rejet massif de tous les textes présentés au CSE, le Premier ministre Gabriel Attal et sa nouvelle ministre de l’Education Nicole Belloubet devraient tirer les conclusions qui s’imposent et abandonner immédiatement ces mesures. Mais le chef du gouvernement choisit la provocation et le passage en force en annonçant que toutes les dispositions seront mises en place à la rentrée 2024.
Pour le SNFOLC, de même que la pseudo « école de la confiance » du ministre Blanquer était en réalité une école de la défiance et de la maltraitance, le pseudo « choc des savoirs » est en réalité une attaque contre les savoirs, contre l’école qui instruit. Le gouvernement ne nous laisse donc pas d’autre choix que celui de tout bloquer. Le SNFOLC, avec la FNEC-FP-FO, propose partout la réunion des personnels en heures d’information syndicale, en AG d’établissements, en AG de secteur regroupant des délégués de plusieurs établissements, pour discuter et organiser le blocage par la grève, si possible dans l’unité des organisations syndicales et avec les parents d’élèves pour gagner sur nos revendications. D’ores et déjà des dizaines de réunions se tiennent, la mobilisation ne faiblit pas.
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